Pâques – célébration religieuse… et culturelle !

Je ne suis pas un bon croyant, plutôt agnostique, mais j’ai beaucoup de respect pour la religion. J’ai grandi dans la culture judéo-chrétienne, je reçois des cadeaux à Noël, je mange la galette des rois à l’Epiphanie, et à Pâques je vais chercher des œufs en chocolat déposés dans mon jardin par les cloches.

Les traditions sont un peu différentes en Pologne. Pâques est appelé Wielkanoc, ce qui signifie la Grande Nuit. La semaine dernière, je vous parlais du dimanche des Rameaux appelé le dimanche des palmes, et je vous rapportais ici cette expérience. Ce weekend, nous sommes allés faire bénir un panier garni à l’Église le samedi, et nous avons mangé un petit déjeuner copieux le dimanche. Les aliments disposés dans le panier garni ne sont pas choisis au hasard ; nous avions du pain (symbole de la vie et du Christ), des œufs (qui symbolisent le commencement), une saucisse (pour la richesse), du sel et du raifort (l’amertume liée au sacrifice du Christ). Il est strictement interdit de toucher à ce panier le samedi ! Nous avons donc fait un repas végétarien et attendu le dimanche matin pour rompre ce jeûne insoutenable.

Le lundi, la tradition veut que les garçon aspergent les filles avec de l’eau. Quelques gouttes sont suffisantes mais ce genre de pratique étant autorisée un seul jour dans l’année, les plus jeunes s’en donnent à cœur joie pour vider des litres d’eau sur ces demoiselles qui se retrouvent, par conséquent, et pour utiliser un terme bien franc-comtois ; gaugées :D


Cracovie (2)

Mariacki ; Cathédrale, Basilique ou Église?L’édifice que j’ai premièrement appelé Cathédrale Mariacki ici, puis Basilique Sainte-Marie semble aussi s’appeler Église Notre-Dame. Il est difficile de donner une traduction à Mariacki, c’est un nom qui se rapporte au prénom Marie sans avoir de sens précis. Le nom d’origine est Basilique de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie et ce sont les habitants de la ville qui l’ont nommés Mariacki.

l’Église se situe sur le Market Square et domine la vieille ville, elle a été construite au XIVe siècle sur les fondations d’une église plus ancienne. La tour la plus haute de l’ouvrage en briques rouges s’élève à 81 mètres au dessus de la grande place.

Chaque jour, à chaque heure, dans cette tour, un héraut joue du clairon sur un air traditionnel. Celui-ci stoppe sa mélodie sur la même note que le trompettiste du XIIIe siècle qui, pour donner l’alerte de l’invasion tartare, avait joué le même morceau, et dont la gorge avait été transpercée par une flèche.

La seconde tour s’élève à 69 mètres et l’histoire raconte que la construction de l’édifice avait été confiée à deux frères, chacun d’entre eux voulu ériger la tour la plus haute et la plus belle et le cadet n’ayant pas supporter la défaite poignarda son ainé et retourna ensuite le geste contre lui-même.

 

Mariacki

Mariacki


AWIW

Kazimierz est le quartier juif de Krakow et la place Szeroka (qui est en fait une ‘rue large’) est au centre de ce district. Il y a, sur cette place, un petit restaurant absolument exquis de cuisine traditionnelle polonaise.

Szeroka

Nous y sommes allés pour la deuxième fois ce weekend et nous n’avons pas été déçu, comme si l’on avait cru à un moment exceptionnel la première fois. Le cadre est très sobre, l’équipe discrète et aimable et la cuisine délicieuse. Au menu : un camembert “pané/grillé”, un plat de Tagliatelles aux épinards et des pierogi aux épinards avec de la mozzarella, du poulet et du beurre d’ail. Tout cela accompagné d’un vin italien très correct.Les pierogi (pieróg au singulier) sont une sorte de ravioli traditionnel polonais, farcis avec des ingrédients au choix, et généralement bouillis dans l’eau, quelque fois poêlés.A tous ceux qui pourraient un jour venir visiter cette perle de l’Est qu’est Cracovie, lors de votre passage obligé dans le quartier historique de Kazimierz, arrêtez-vous à l’Awiw et profiter d’un moment de bonheur de dégustation en polonais!

Pierogi

Pierogi


La Toussaint

La Toussaint est une fête très importante ici et le 1er novembre est célébré par un grand nombre de polonais. En règle générale, il semble que cette tradition rassemble beaucoup plus de monde dans les pays de l’Est que dans les pays de l’Ouest. Nous sommes donc allés au cimetière pour déposer une bougie sur la tombe de Grand-Papa Lukomski samedi matin. Nous n’avons malheureusement pas pu y aller à la nuit tombée, il parait que le spectacle vaut le coup d’œil et je veux bien le croire étant donné le nombre extraordinaire de bougies déposées.

Le cimetière se trouve à proximité de Kopiec Kościuszki, Le Mont Kosciusko, qui est l’édifice construit par les polonais entre 1822 et 1824 en hommage à leur héros. C’était la deuxième fois que je me rendais à cet endroit, mais cette fois, en sachant qui était le personnage. Le monument est imposant et formidable, et domine les hauteurs de Cracovie.

Kopiec Kosciusko

Kopiec Kosciusko


L’hospitalité polonaise

Les gens que j’ai rencontrés depuis que je suis en Pologne ont tous été très accueillants. La famille avec laquelle je vis actuellement montre beaucoup de générosité et d’amabilité à mon égard. L’hospitalité polonaise est une tradition qui perdure et la phrase « Gosc w dom, Bóg w dom » (Un hôte à la maison, Dieu à la maison) est encore d’actualité.

Dans le livre Pologne et Russie, dont j’ai déjà parlé ici, Jules Michelet parle de ce Savoir-être. J’ai d’ailleurs trouvé ce livre sur Internet, vous pouvez le consulter ici, rendez vous page 20 et lisez le chapitre « Causes réelles de la ruine de la Pologne ». Michelet y parle de la « facilité de coeur » et de la « bonté naturelle » des polonais. Lorsqu’on menait les enfants en visite, on leur disait : « Prends bien garde de ne pas nommer, de ne louer aucun objet que tu verras. Ce serait indiscret, le maître le donnerait à l’instant. » Michelet parle de « la nation humaine […] La nation généreuse, hospitalière, la nation donnante ».

Quel sens ont ces mots aujourd’hui, et quelle valeur représentent-ils?